• La Lettonie

    La Lettonie c'est le pays balte central. Le niveau de vie est intermédiaire à celui de son voisin du sud et à celui du nord. La frontière longe la Russie et la Biélorussie. Comme les autres pays de la Baltique, la Lettonie n'a connu l'indépendance qu'au 20ème siècle. Germano-balte jusqu'au 17ème siècle, le voisin russe prends alors le pouvoir. L'indépendance de 1918, ne dure pas très longtemps. Les Allemands puis les Soviétiques avant l'indépendance que tous espèrent définitive. La Lettonie fait partie de l'UE, de Schengen et maintenant de l' Euro. La langue proche du lituanien est cependant assez différente pour qu'il n'y ait pas de compréhension. Le russe est la langue d'échange plus que l'anglais ou le français. Une partie importante de la population est russe. Ils sont arrivés du temps de l'ère soviétique en remplacement des populations déportées.

     Toujours présents depuis l'indépendance, ceux qui ne parlent pas letton ne bénéficient pas de la nationalité lettone et vivent à côté des Lettons sans qu'il semble y avoir de mélange. Le jeu de la démocratie fait que le maire de la capitale Riga est "russe" car la communauté slave est particulièrement soudée.

    J'ai passé quelques jours dans le pays letton en particulier à Riga. Nous sommes première quinzaine de juin et la France subit un épisode de canicule. Cependant ici la température affiche 10°C de moins et plus significatif du climat: c'est la grande époque de la récolte du muguet et du lilas.

     

    Extrait du Monde du 25 12 2016 F. Lemaitre

    La plupart des Lettons du mal à joindre les deux bouts

    C’est à l’approche de la station lettone de Zolitüde que cette femme blonde d’environ 40 ans m’adresse la parole. Comme de nombreux habitants de Riga, elle prend le train régional pour passer son dimanche à Jurmala, la grande plage chic située à trente kilomètres de la capitale. Elle a appris le français à Charleroi « dans les années nonante », explique-t-elle, peu désireuse de s’étendre sur cette période. Aujourd’hui, elle est employée de banque et possède la nationalité lettone. « Je suis née ici, mais dans une famille russe. J’ai donc dû passer l’examen pour acquérir la nationalité. J’ai également mis mon fils dans une école lettonne. Je ne vois pas ce que j’irais faire en Russie où je n’ai jamais vécu et où on ne nous considère d’ailleurs pas comme des Russes », dit-elle, avant de disparaître entre les datchas pour faire son jogging sur la superbe plage.

    Hier prisée par la nomenklatura soviétique, Jurmala est aujourd’hui l’une des stations balnéaires favorites de la bourgeoisie russe qui y parade au volant de berlines allemandes. Mais cette opulence ne doit pas faire davantage illusion que les beaux immeubles Art nouveau qui donnent à Riga un petit air viennois : une grande partie de la population a du mal à joindre les deux bouts. Dans le marché couvert de Riga, où l’on trouve encore une boulangerie ouzbèke, vestige de l’Union soviétique, on peut acheter des gâteaux pour 28 centimes d’euros et croiser des babouchka sans âge qui vendent de misérables sacs plastique pour quelques centimes.

    « Un demi-million de Lettons périrent lors de la Seconde Guerre Mondiale. Des Russes et des Ukrainiens prirent leur place », l’écrivain néerlandais Jan Brokken

    Le maire de Riga, russophone, a beau passer pour être proche du Kremlin, Vladimir Poutine n’y a pas que des amis. Des autocollants affichés dans le centre dénoncent « Putler » et affublent le président russe d’une petite moustache hitlérienne. En fait, les Allemands n’y sont pas forcément plus populaires que les Russes. Du XVe siècle à 1919, des descendants des chevaliers teutoniques avaient établi un véritable régime féodal à cheval sur le sud du pays et le nord de la Lituanie. Les Français ont oublié l’existence même de ce pays, la Courlande. Pas les Lettons. Surtout qu’une vingtaine d’années seulement après l’indépendance de leur pays en 1918, ils allaient affronter une catastrophe sans précédent provoquée là aussi par les Allemands : « Un demi-million de Lettons périrent au cours de la Seconde Guerre Mondiale, un tiers de la population. Des Russes et des Ukrainiens prirent leur place », résume l’écrivain néerlandais Jan Brokken dans son superbe essai Les âmes baltes (Denoël, 2013). En ce moment, une comédie musicale se taille un joli succès à Paris : « Un Eté 44 » (jusqu’au 7 février 2017 au Comedia, Paris 10e). Si la France avait subi semblable hécatombe entre 1939 et 1945, l’Europe aurait-elle pu voir le jour en 1957 et de Gaulle aurait-il été capable de signer un traité d’amitié avec l’Allemagne dès 1963 ?

    « Hirondelle de Fenêtre (Common House Martin)Riga la vieille ville »
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  • Commentaires

    1
    brandin jean claude
    Jeudi 14 Novembre 2019 à 18:47

    Article exact ,ayant souvent parcouru la belle Lettonie .

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